Partager l'article ! Slam !: Il y a quelques mois, la curiosité m'a poussé à aller voir une "slam session". J'avais, comme beaucoup, quelques clichés en tête : l ...
Et donc j'ai pris l'habitude de slamer. Egoïstement, c'est une excellente occasion de tester en public des fables nouvelles. Et humainement, c'est un vrai lieu de rencontres et de découvertes.
Certes il y a parfois des moments d'ennui ou de dépit devant des "artistes" médiocres qui croient faire de la poésie parce qu'ils ont des rimes à la fin de leurs vers, mais la plupart du temps le
défilé de personnalités passionnées enlève tout risque d'ennui.
Alors, qu'on se le dise, le slam ne se résume pas à l'excellent Grand corps malade ou à quelques slameurs à capuche évacuant leur rage ! Le slam est riche et varié, valable et risqué. Si vous
flairez une slam session près de chez vous, allez faire votre curieux. Que la parole poétique se répande dans les cités et dans les villages, dans les bars et dans les champs. La poésie n'est pas
que dans les livres d'école !
Et puis, cette petite incursion dans le monde des slameurs m'a amené en mai 2011 jusqu'à décrocher le titre étonnant de champion de France de slam ! (voir l'article à ce sujet)
Une visite chez mes amis slameurs ?...
http://www.myspace.com/37Slam
Majoritairement, il y a un son slam.
Les mots aiguisés cliquètent comme des lames.
Les poètes s’expriment comme des escrimeurs.
Les artistes s’escriment, orateurs et rimeurs.
Ça parle dans l’urgence, ça clame, ça déclame
au rythme du hip-hop, des clips, de la réclame.
Pas le temps d’ respirer, de jouer au charmeur,
faut parler des gamins qui devant les chars meurent.
Oui, jeu de mot facile ; pardon, je fais mes gammes.
Ma première leçon, c’est le son. Mon programme,
c’est de claquer les mots pour lancer la clameur,
c’est l’ tempo dans la peau pour faire un bon slameur.
J’ dois vous sortir ma rage et les bleus de mon âme,
scander sur les scandales et bramer sur les drames,
cheminer dans mon cœur comme un pauvr’ ramoneur,
en y grattant la crasse pour chercher le bonheur.
Croyez pas que j’ me moque, que j’ défie, que j’ diffame.
Ce serait trop facile, trop futile, presque infâme
de caricaturer. Ce s’rait moi le frimeur
si avec ma culture je jouais au sermonneur.
Je n’ suis pas un gamin paumé sur l’ macadam,
moi je vais au théâtre, et j’ sors avec madame.
Ce soir en poésie, j’ suis du côté fumeur,
moi qui par habitude préfère les parfumeurs.
Mon texte est mal léché, je me lâche, je m’enflamme,
j’ viens de perdre trente ans, c’est tentant, je tam-tam.
Quand j’ vocifère, je vis si fort, et mon humeur
s’illumine sur vous ; je suis un allumeur.
Je transpire mes idées, et mes mots je les crame,
et je boue jusqu’au bout. Le slam, c’est le hammam
du poète. La sueur perle. Le cœur parle. La chaleur,
c’est le choix le meilleur pour chasser la douleur.
Mais cette foi nouvelle qu’aujourd’hui je proclame
n’est peut-être qu’un leurre, un jeu pour qu’on m’acclame.
Vous pensez qu’ j’en fais trop, que j’ suis trop beau parleur,
que l’exercice de style est plutôt racoleur.
Peut-être. Si mon blabla, hélas, reçoit vos blâmes,
je n’ai plus qu’à souffler humblement sur ma flamme.
S’il le faut je m’incline devant mes détracteurs.
Je redeviens moi-même, mais heureux d’être acteur !