Le marchand de fables voudrait passer. Mais par où ? Mais comment ? Marchand de sketches ou de chansons, de gaudrioles médiatiques ou de musiques formatées, voilà qui offre davantage
de débouchés. Mais des fables, en 2011, ça intéresse qui, à priori ?
Une forme poétique (même si l'humour est fortement présent), un fond sociologique ou philosophique, une morale en conclusion : quelle horreur ! Cela incite le public à penser un peu.
Penser, rendez-vous compte ! Les temps sont difficiles, l'époque est futile, les citoyens sont devenus des consommateurs, le verbe avoir a pris le dessus sur le verbe être, et quelqu'un a encore
l'ambition de proposer des fables ?
Du coup, voilà un véritable casse-tête pour experts en communication et marketing culturel. Par quel biais envisager la promotion d'un marchand de fables?
De plus, ce genre réputé plus littéraire que théâtral sent un peu la poussière et ravive des souvenirs plus ou moins plaisants de récitations scolaires. Certes, La Fontaine est un
maître qu'on ne peut que vénérer, mais de là à ouvrir les portes à d'éventuels disciples...
Alors, un fabuliste moderne doit-il :
1) tricher sur l'étiquette (annoncer sketch et One man show, au lieu de fable et récital, surtout banir le mot FABLE de l'affiche) Oui
- Non
2) privilégier la forme écrite, au détriment du spectacle vivant (mais le livre est-il plus facile à vendre que le théâtre ?) Oui
- Non
3) rester modestement dans son coin à gribouiller son oeuvre, au lieu de rêver naïvement à un vaste auditoire Oui -
Non
4) cibler un public un peu âgé, formé à une certaine culture classique Oui - Non
5) au contraire insister auprès des jeunes (qui aime le slam doit pouvoir aimer les fables) Oui - Non
6) faire passer la pillule en ajoutant de la musique ou de la bande dessinée Oui - Non
7) BREF, ON FAIT COMMENT ?
Et si on demandait l'avis du public ? Si vous me donniez votre avis ? Si vous vous mettiez dans la peau de ce spectateur typique, venu dans le théâtre juste pour accompagner
quelqu'un, vaguement contraint et résigné à s'ennuyer pendant un heure, mais qui ressort enchanté et ravi, réclamant le livre et la dédicace ? Que faudrait-il dire à ce spectateur-là avant ? Que
faut-il dire au badaud qui fait une moue sceptique devant la vitrine du théâtre en voyant une affiche de fabuliste, et qui finit par changer de trottoir ?
Si vous êtes expert en communication et en marketing culturel, votre avis m'intéresse drôlement ! (D'ailleurs, tout avis m'intéresse...)